L'interview du mois de Mars par Ludovic Trabuchet
Avant même d’aller au Tour de Californie, tu devais être satisfait de ton début de saison. Plutôt positif non ?
Oui j’avais quelques doutes, j’avais peur de ne pas être en jambe tout de suite, alors que c’est important de l’être lorsqu’on intègre une nouvelle équipe. Mais j’ai fait une belle étape au Tour Down Under, ainsi qu’une semaine plus que correcte là-bas, et puis ensuite, une étoile de Bessèges vraiment excellente. Forcément, ça m’a mis en confiance...
Le voyage en Australie, avec une arrivée une semaine avant la course pour faire des bornes puis cinq jours de course, semble être une bonne préparation ?
Oui je pense. En plus, cette année, on avait une semaine de plus avant Bessèges pour récupérer du voyage. Ce fut donc une très bonne préparation et c’était en plus très enrichissant.
Auparavant, tu avais fait un bon hiver ? Quel était ton programme d’entraînement ? Tu as changé ta façon de t’entraîner par rapport aux années précédentes ?
Je n’ai pas forcément fait un gros hiver, mais il fut différent de l’an dernier. J’ai en effet terminé la saison beaucoup plus tard et j’ai forcément repris plus tard. J’avais beaucoup de doute quand à ma condition de début de saison mais maintenant, je suis satisfait. On a travaillé différemment avec Denis Roux, l’entraîneur de l’équipe et cela a payé.
Tu as véritablement découvert tes équipiers, du moins une partie, en Australie. Quelles furent tes premières impressions ?
Très agréablement surpris. J’appréhendais un peu car je suis un des rares nouveaux de l’équipe, et je suis plutôt timide en général, quand je connais pas les gens. Mais là, j’ai tout de suite accroché, en particulier avec mon collègue de chambre, Cyril Lemoine , avec qui j’ai beaucoup sympathisé. Même chose sur Bessèges, avec Nicolas Roche. Ce fut le point le plus positif de ce début de saison et je pense prendre le bon chemin pour faire ma petite place au sein de l’équipe. C’est super important pour la suite de la saison.
Tu as été à l’attaque dès les premiers jours de course. Pour montrer que tu avais ta place au sein de l’équipe ?
Entre autres. Mais aussi pour prendre confiance en moi, pour confirmer rapidement mes progrès de l’an passée.
Et à Bessèges tu as recommencé. Tu as été l’un des plus actifs… Est-ce le contexte du Crédit agricole ou cette course qui te motive toujours autant ?
Les deux. L’équipe était déjà dans une bonne spirale avec beaucoup de victoires depuis le début de la saison. L’ambiance est excellente, l’équipe marche bien et tout le monde veut se faire voir. En ce qui me concerne, j’ai profité de ma condition pour me faire voir et c’est vrai qu’a Bessèges, j’avais vraiment une motivation supplémentaire… Et puis, il y avait l’avantage de connaître les parcours.
Tu y as vraiment cru, dans la dernière étape, lorsque tu comptais près de cinq minutes d’avance avec Nicolas Crosbie ?
Oui vraiment, car en général, sur la dernière étape, les leaders se contentent de contrôler et nous étions tous les deux loin au classement général. Personne n’avait d’intérêt à venir nous chercher et la difficulté du circuit condamnait les sprinteurs. Mais quand j’ai vu que Nicolas prenait ses relais en dedans, j’ai compris qu’on ne pourrait pas aller au bout...
Enfin, tu as vite oublié ta mésaventure en Californie…
Et pourtant, tu as failli rester à Paris…
Effectivement mon passeport n’était pas bon pour aller au USA, une mésanventure qui a bien failli me priver de cette aventure, mais c’était sans compter sur ma volonté de partir là bas.
Tu avais dans l’idée d’aller chercher ce maillot de grimpeur, quand tu es allé prendre des points dans la première étape ?
Pas forcément mais j’ai souvent perdu des maillots pour 1 ou 2 points, alors quand j’ai une opportunité je la saisi, la j’avais la possibilité de prendre des points et les jambes étaient bonnes alors j’ai pas hésité.
La rencontre avec Terminator doit rester un bon souvenir…
Oui ça restera un souvenir inoubliable, c’est très impressionnant de le rencontrer à tous les niveaux, par ce qui représente politiquement, mais aussi physiquement. J’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec lui et de recevoir ses félicitations.
Et puis, il y a eu cette longue échappée où tu as pris le maillot. Ce fut dur ?
C’était l’étape la plus longue du Tour mais comme j’avais déjà beaucoup de points les autres coureurs n’ont pas cherché à faire les grimpeurs à par un qui défendait la plus de son coéquipier. Le plus dûr a été d’arriver à sortir car j’étais déjà second au classement.
Défendre le maillot au cours de l’avant-dernière étape fut peut-être plus difficile…
Oui effectivement car j’étais très fatigué de mes échappées et les circonstances de course ne m’on pas avantagé. Il y a eu une grosse bagare et le Belge était plus frais que moi, mais je l’ai sauvé pour 3 points c’est l’essentiel.
Globalement, ça doit rester un énorme souvenir… Tu semble avoir conquis le cœur des Américains…
Oui c’est un de mes plus beaux souvenirs, j’ai beaucoup aimé l’ambiance, j’ai joué le jeu avec les médias, et ils m’ont rapidement mis a avant car j’étais souvent à l’attaque. J’ai sympatisé avec beaucoup de personnes, les gens étaient très agréable et passionnés , j’espère pouvoir y retourner.
Mais il a fallu vite passer à autre chose. Pas trop dur de retrouver les routes européennes au Het Volk et à Kurne ?
C’étais pas prévu que je fasse ces courses, mais j’ai remplacé un blessé, j’avais pas de pression et finalement j’ai fait deux belles courses donc pas de regret même si ça été dûr physiquement et moralement.
Et pourtant, tu t’en sors plutôt bien. Premier français au Het Volk…
A être au départ je voulais bien faire, je m’en sorts souvent bien dans ces courses ou la sélection se fait par l’arrière, j’ai évité tous les pièges pour finalement bien figurer mêm si c’est pas non plus exeptionnel.
La sélection sur Paris-Nice ne semble que plus logique…
Oui depuis cet hiver je n’ai que cette course dans la tête, depuis que j’ai appris qu’il y aurai une arrivée chez moi à Mende, je ne voulais pas revivre ce que j’avais vécu en 2005 avec une arrivée du Tour à Mende sans moi, c’est un gros soulagement, même si le plus dûr maintenant sera d’y briller.
Quel sera l’objectif sur Paris-Nice, en dehors de l’étape de Mende ? Tu pourras jouer les baroudeurs ou travailler pour un leader ?
Les deux, je pense qu’il faudra saisir les opportunités qui s’ouvrent à moi de m’échapper et puis je devrai travailler pour mes leaders quand l’occasion se présentera, je verai au jour le jour.
Et bien sûr, il y a cette étape de Mende ? Tu penses pouvoir y faire un coup ?
Ca va être difficile car se sera la première étape ou le général va se dessiner, il pourrai même se jouer ce jour là, dans ce contexte se sera difficile de faire une perf la haut d’autant plus que c’est pas le genre de montée que j’affectionne. Par conte pourquoi pas me glisser dans une échappée se jour là .
Connais-tu ton programme pour la suite ?
Il se pourrai que je fasse Milan San Rémo ça dépendra de ma condition pendant Paris Nice puis soit le critérium international soit 2 classiques Belge le GP E3 et la flèche Brabançone