L'interview du mois de Mai
Avant de revenir sur l'actualité des semaines précédentes, peux-tu déjà nous dire si tu seras ou non, sur le prochain Tour de France ?
En ce qui me concerne… oui ! Même si je m'y attendais depuis quelque temps, avec le bon début de saison que j'ai réalisé, les dirigeants ne me l'avaient pas encore dit concrètement. Mais ma performance sur le circuit de Lorraine où j'ai fini 6e a mis fin au suspense. Dimanche soir, ils m'ont fait comprendre que je serais au départ, lorsque nous avons évoqué le programme de courses des prochaines semaines. Psychologiquement, c'est un soulagement que d'avoir la réponse. Sinon, ça ne va pas changer profondément mon programme de course, ni même mon entraînement puisque je cours jusqu'à l'échéance. Je serais juste plus libéré sur les prochaines courses.
Depuis, tu penses au Tour, tu regardes le parcours?
Jusque-là, j'y pensais par rapport à la sélection, pour m'y préparer psychologiquement aussi. Par contre, le parcours, je ne le regarderais qu'au dernier moment. Je sais qu'on part de Strasbourg et qu'on arrive à Paris. Après, j'avoue que je n'en sais pas guère plus.
Nous en reparlerons donc le mois prochain. Avant d'évoquer ce mois de mai, bref retour en avril. Lors de la dernière interview, tu t'apprêtais à découvrir deux monuments du calendrier, la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège. Impressions ?
Ce sont vraiment de très belles courses, très difficile, où la sélection se fait par l'arrière. J'aime ce genre de course… Surtout lorsqu'on est en condition, comme c'était le cas pour moi à cette période. Liège est beaucoup plus dure que ce que l'on peut imaginer. Je ne pensais pas pouvoir la terminer vu l'enchaînement des difficultés des les 60 derniers kilomètres. Et finalement, j'étais dans le coup jusqu'a la terrible côte de la Redoute.
Tu as chaque fois terminé dans les cinq premiers français. Bilan positif ?
Bien sûr. J'ai même quelques regrets pour la Flèche, où une erreur de placement m'empêche d'arrivée au pied du mur de Huy pour la gagne. Par contre, à Liège, je ne pouvais pas faire mieux.
Est ensuite arrivée l'heure de la coupure après une première partie de saison chargée. Tu en avais besoin?
Plus physiquement que moralement. Car j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir en ce début de saison et j'aurais pu continuer encore. Mais avec 35 jours de courses (sans abandon, Ndlr), cela aurait été compromettant pour la suite de la saison.
Comment as-tu géré ces deux semaines et demi? As-tu coupé un peu ou tu as roulé pendant vingt jours?
Non j'ai fait cinq jours sans vélo puis j'ai repris progressivement l'entraînement. Je suis allé monter des cols dans les Alpes-Maritimes, dans l'arrière-pays niçois. Puis le retour à la compétition est arrivé trés vite…
Retour à la compétition avec le Tour de Picardie. Facile de retrouver le rythme?
J'ai tout de suite été compétitif. C'est une course sans difficulté au niveau du dénivelé et ça roule vite. Idéal pour faire du rythme…
Dans une course habituellement réservée aux sprinteurs, tu termines finalement 30e. Bon bilan?
Je n'ai pas cherché à faire la course parce que par le passé, j'ai fait l'erreur à plusieurs reprises de vouloir revenir trop vite. Là, je suis resté dans le peloton et lors de la deuxième étape, il s'est scindé en plusieurs morceaux. Et j'arrive dans la première partie ce qui explique ma place de 30e au classement général...
Et sur le Tour de Lorraine, tu sembles avoir retrouvé ton coup de pédale...